Le Démon soleil

Le demon soleil

Auteure : Anusha Jeyaseelan

 

Résumé :

Cachée dans les entrailles de la Terre, Drashkar, la fastueuse, l’impitoyable cité de flammes de Lucifer. C’est à la faveur de la nuit que ses habitants sillonnent le monde pour tromper l’ennui. Et quoi de mieux pour défier l’éternité que de soumettre les hommes à la tentation ? Ainsi vont les démons, dont la magie ne sert que la malice. Jusqu’à ce que l’humanité perde un temps son charme. Alors les Entrailles connaissent la guerre encore, toujours.
Or cette fois, c’est le trône du roi que briguent les dissidents. Venue l’heure de la victoire cependant, Behemoth est empoisonné par de l’élixir de sentiments, si bien qu’il sombre dans une mélancolie sans remède. Il se languit de l’astre interdit, celui qui transforme les démons en poussières : le soleil. Mais si cette lutte du cœur contre la raison n’était pas vouée à l’échec, si les immortels de l’obscur avaient une chance, infime, de survivre à la lumière ?

Commence alors pour le démon une quête qui pourrait bien faire tomber Drashkar.

 

Mon avis :

De la dark-fanstasy, mais pas si sombre que cela…

 

C’est une véritable saga que nous expose ici Anusha Jeyaseelan. Le résumé (déjà prometteur) propose en réalité un minuscule avant-goût du roman. Cette épopée familiale côté démon (mais pas que), offre un panel de personnages qui se rencontrent, s’aiment, se déchirent, complotent et luttent (surtout contre eux-mêmes, finalement !).

 

Si nous commençons ainsi ce récit avec Behemoth, l’histoire de ce démon aux sentiments débordants, j’ai refermé le bouquin en ayant même oublié son existence ! C’est vous dire si les histoires dans cette grande histoire se succèdent.

 

Pour autant, le rythme de narration parfaitement maîtrisé par l’auteure permet d’entrer dans les détails des émotions et de l’évolution des personnages, tout en faisant défiler les siècles (c’est qu’un immortel, ça vit longtemps !). Les lieux changent peu, mais les descriptions habilement parsemées ici où là, créent une illusion de renouveau.

 

Au gré du récit, vous reconnaîtrez sûrement certains mythes (je pense au Pays Imaginaire de Pan, mais il y en a d’autres). J’ai été bluffée par l’imagination débordante - et pourtant structurée - de l’écrivaine. Elle a pioché dans le folklore mondial et a tissé une trame entre chaque évènement. Chaque évènement, lui, est le théâtre de l’affrontement Bien/Mal. Ainsi, au fil des pages, la lumière s’invite de plus en plus au cœur des ténèbres. Le Démon soleil est un conte qui en regroupe plusieurs.

 

Et c’est avec ce dernier point que j’ai eu du mal à accrocher. Je ne suis pas friande des contes, leur narration ne me permet pas de vivre l’histoire aux côtés des personnages. J’ai donc suivi les aventures des multiples protagonistes de cette fiction en tant que spectatrice, mais si je n’ai pas vraiment ressenti leurs sentiments, je les ai néanmoins compris.

 

Malgré ce dernier point, je vous recommande chaudement cette lecture ! Le vocabulaire varié et le style travaillé d’Anusha Jeyaseelan valent le détour, tout comme son imagination ! Les retournements de situation sont bien présents et la chute laisse présager une sacrée suite !

 

*Iléana*

 

Je remercie Anusha Jeyaseelan pour ce service-presse.

Pour acheter Le Démon soleil, suivez le lien.

Extrait :

« La lumière infiltrait son cœur noir avec une lenteur non moins efficace. Plus elle conquérait du terrain, plus les souvenirs se firent clairs et incisifs. Tout ce que le démon avait muré du jour de sa transition le rattrapa avec la violence d’un raz-de-marée. Le visage d’Ablin surgit du passé, et avec lui, la douleur de l’avoir perdu. La haine de soi, la solitude, la peur de l’abandon, ces sentiments muselés qui avaient néanmoins continué à guider les choix du démon depuis les profondeurs, reprirent soudain vie à la surface de son être. Asmod prit dès lors conscience de tout ce qu’il avait sacrifié à ce vide créé par sa soif d’amour. Un besoin universel qu’Ablin avait été le seul à combler. Jusqu’au jour où il avait disparu, emportant avec lui l’équilibre de son frère. Tout ce qui avait suivi n’avait été qu’un immense cri de douleur. »

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